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Overdose et Soumillon : près des yeux près du c½ur

Overdose et Soumillon : près des yeux près du c½ur


Regardez-les, en 1900, nos jockeys n'étaient jadis que des employés, d'anciens lads. Quand on reconnaissait leur talent, on les traitait au mieux comme des artistes, et même quand ils avaient acquis le statut de star, ils restaient des enfants, n'ayant à aucun moment droit à la parole, sauf pour remercier son patron et dire combien il était heureux de travailler pour une écurie aussi prestigieuse. Les maîtres, les seuls que les propriétaires écoutaient, c'étaient les entraîneurs.
Tout a changé, est en train de changer. A l'instar des acteurs au cinéma, des animateurs à la télé, le poids politique des jockeys de plat n'a cessé de croître au cours de ces dix dernières années, en France. On a vu Olivier Peslier, fort des liens qu'ils avait su tisser avec la famille Wertheimer, remporter le bras de fer qu'il se livrait depuis des années avec Christine Head. La fille d'Alec Head s'est vu retirer tous les chevaux qu'elle entraînait pour la casaque bleue et blanche. Sachant pourtant les liens qui unissent la famille Head aux propriétaires de Chanel, ces derniers ont tranché en faveur du jockey, signalant au grand étonnement de tous qu'ils préféraient se passer de « Criquette » que de « Ouin-Ouin ».

Mais ce n'est pas seulement dans le conflit que se mesure le pouvoir grandissant des jockeys au sein des écuries classiques. Exemple : entre le l'Aga Kahn, sa fille, l'entraîneur Alain de Royer Dupré, sa femme et Christophe Soumillon, l'entente semble aujourd'hui parfaite. Il suffit de les observer au rond de présentation ou encore mieux sur cette photo Dyga pour se rendre compte qu'il y a quelque chose de familial entre eux.



Et pour en avoir la confirmation, je vous suggère la lecture du livre pour enfants écrit par Mme Alain de Royer Dupré elle-même, intitulé « En selle avec Zarkava », aux éditons Naïve, sous le pseudonyme de Gizelle. Prêtant à sa fille le rôle de la narratrice, le femme de l'entraîneur raconte l'épopée de la plus fantastique pouliche du XXIe siècle. Attention, c'est un livre pour enfants : n'allez pas me dire que je vous ai recommandé la lecture de Belle du Seigneur, mais ce petit livre est instructif :


l'histoire, la vraie, même transposée, racontée par les vraies personnes, mêmes transfigurées, il en reste forcément des indices précieux, psychologiques, des détails précieux pour qui s'intéresse à autre chose qu'à la cote, aux rapports de la cagnotte.
On en apprend plus sur Soumillon que n'importe quel interview dans Paris Turf (pas de peine, me direz-vous, quand on s'est endormi à la lecture du pensum paru en avant-dernière page du Paris-Turf d'aujourd'hui –daté de demain).
Aurait-on pu parler d'une relation de cette nature entre Yves Saint Martin, François Mathet et Mme François Dupré, par exemple ?
Et overdose dans l'histoire ?
J'y viens.
Comme on le sait, « le cheval le plus rapide du monde » devait arriver en France ces jours-ci au centre d'entraînement d'Henri-Alex Pantall, à Beaupréau, près d'Angers, car c'est non loin de là que réside le fameux maréchal ferrant qui doit s'occuper des problèmes de pieds du champion hongrois. Problèmes qui lui ont fait renoncer à sa « bataille d'Angleterre » ce printemps.
En apprenant la nouvelle, Soumillon, qui est allé en Hongrie pour courir le cheval, a fait savoir au propriétaire qu'il aimerait bien avoir le cheval près de chez lui, à Chantilly, dans les boxes de Royer Dupré, par exemple. Au cas où il n'y ait pas de place, pourquoi pas dans le box à côté de celui d'Al Capone. De cette façon, Soumillon pourrait le voir tous les jours, éventuellement le monter, apprendre à mieux le connaître, etc. Quant au maréchal ferrant, ben, ça sera à lui de faire la navette entre Paris et Angers. C'était la suggestion, l proposition, le supplique de Soumillon, on ne sait pas en quels termes le message fut envoyé au propriétaire
Que croyez-vous qu'il advint ?
Overdose sera logé chez Royer Dupré.
Caprices de l'amour. Soucis des détails. Gestion méticuleuse de l'affectif. C'est tout ça, être une star qui s'appelle Soumillon. Et personnellement, même si cette histoire me fait sourire, je trouve ça très bien. Très intelligent de la part du jockey. Cela vient encore ajouter à la légende d'Overdose qui n'a pas fini d'être écrite. Et confirme ma théorie embryonnaire sur le pouvoir grandissant des jockeys de plat.

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# Enviado em Domingo 07 Junho 2009 08:41

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